C’est en lisant cet article « Pour protéger les oiseaux, il ne faudra plus tailler les haies ni élaguer les arbres à partir du 15 mars » que m’ai venu l’envie d’écrire ce nouvel article.
En fait la question que soulève cette injonction c’est : Peut-on exercer notre métier d »‘arboriste-paysagiste » à l’année ?
Le rythme circadien pour l’homme
Le rythme circadien regroupe tous les processus biologiques cycliques d’une durée d’environ 24 heures.

Le cycle des saisons pour l’arbre

Automne
La sève est redescendu, les réserves sont faites et stockées à différents endroits de l’arbre. C’est le début de la dormance.

Hiver
La végétation est en sommeil. C’est la grosse période pour effectuer les tailles plus fortes. (Reprise sur charpentières, têtard, éhoupage…)
On a tendance à tout concentrer durant cette période ! C’est cela qui fait du métier une activité saisonnière… et pourtant.
Articles pour aller plus loin :
- Mais que font donc les arbres en hiver ? (Science et vie)
- Que font les arbres en hiver ? (EcoTree)
Printemps
Tout le monde se réveille. C’est la pleine montée de sève qui va alimenter les 1ers bourgeons qui seront chargé d’alimenter en sucre (amidon) les racines par la photosynthèse. Il devient donc effectivement très risqué pour l’arbre de lui infliger des coupes sévères. Sans compter que les insectes aussi se réveillent, et que les coupes deviennent de véritables portes d’entrées pour eux et leurs amis (champignons, bactéries, virus…)

Selon mon vécu et mes expériences dans le métier, cette période pourrait et devrait se positionner sur ces 4 axes :
Quantité et qualité : C’est le bon moment pour l’arboriste grimpeur d’effectuer une pause « sportive » pour prendre un peu de recul sur sa saison d’élagage et d’en tirer quelques analyses « botaniques » pour préparer au mieux la suivante. Pour ce faire, il peut suivre des formations thématiques pour parfaire ou découvrir de nouvelles techniques ou usages dans le métier.
Relationnel et organisation : Réaliser les visites de clientèle pour effectuer du suivi de chantier en les agrémentant de conseils et formations en perspective de futures coopérations (plantation, soins, taille, élagage, haubanage, démontage…). Nous avons rarement le temps en pleine saison d’élagage de discuter et d’échanger avec les clients. Pourquoi nous avons taillé de telle façon ? Utilisons nous du mélange huile essence dans nos tronçonneuses ou de l’Aspen et de l’huile filante bio ? Les arbres élagués sont-ils des arbres d’avenir ? Que faudra t-il planter pour assurer la relève de nos arbres majestueux ?
Ressources et compétences : Vérifier, inventorier et stocker les EPI. Réaliser des tests de matériels et de techniques nouvelles (accès, rétention, évacuation…). Effectuer les commandes d’investissement. Réaliser la maintenance et l’inventaire annuel des outils de production (camion, broyeur, tronçonneuses, chargeur…). Se rendre à des salons et conférences en lien avec les évolution du métier. Concevoir et préparer les prochaines campagnes de communication.
Services et innovations : C’est la période parfaite pour commercialiser des diagnostics d’avant projet(s) et des formations individuelles ou collectives à vos clients.
Été
Le temps des congés en famille, mais pas que…
- La taille en vert
- Le démontage et l’abattage
- La taille de certains fruitiers
- Les soins foliaires
- Les soins racinaires
Un travail à l’année
la loi
Section à jardiner…
- La taille
- Le bruit
- Obligations : OLD : Obligation Légale de Débroussaillement
Ma vision
Sur l’aspect économique, certes le chiffre d’affaire du printemps/été peut être inférieur à la saison automne/hiver mais ce qu’il faut regarder c’est le lissage du chiffre d’affaire sur les 12 mois. S’il y a plus de préparation en amont il y a moins d’imprévus en aval. Penser chiffre d’affaire c’est bien mais sans stratégie du net c’est suicidaire. Si un chantier est chiffré à 10 000 euros mais que due à une mauvaise préparation un accident survient et qu’il faut refaire le toit d’une école à 50 000 € le net est de – 40 000 € ! (l’assurance paiera 2 fois, la 3ème elle vous écrira…).
Économiquement et techniquement parlant il est donc tout a fait possible d’être arboriste-grimpeur à l’année, à condition toute fois d’avoir bien assimilé, délimité et validé avec votre employeur tout ce que ce métier comporte.
Ressources
Source image d’illustration de l’article : L’élagage, une pratique qui fait l’objet de textes de lois

